Grand angle, hors série, n° 4. Spécial ingénierie touristique : développement touristique : pas de réussite durable sans ingénierie de qualité

Grand angle, hors série, n° 4. Spécial ingénierie touristique : développement touristique : pas de réussite durable sans ingénierie de qualité

Grand angle, hors série, n° 4. Spécial ingénierie touristique : développement touristique : pas de réussite durable sans ingénierie de qualité
Éditeur: ODIT
200831 pagesISBN 1380200000000
Format: BrochéLangue : Français

Quelles sont les attentes de vos clients

aujourd'hui ?

Elles ont aussi beaucoup évolué. Les collectivités territoriales,

qui constituent la grande majorité des «donneurs d'ordre»

de l'ingénierie touristique (même si plusieurs de nos

adhérents ont une clientèle privée importante), n'ont plus

besoin d'études généralistes, gros pavés reprenant des

chiffres ou des considérations désormais connus de tous.

La demande s'oriente nettement vers l'accompagnement

tout au long d'un projet, de sa conception à sa gestion. Le

cabinet conseil doit sécuriser la décision des élus et leur

servir de référent permanent.

Les missions sont donc plus opérationnelles et nécessitent

souvent des compétences multiples, par exemple en droit,

finance, architecture, paysage, écologie, etc.. Les cabinets

les plus importants intègrent ces spécialistes dans leurs

rangs. Les autres constituent des équipes pluridisciplinaires

en fonction des missions.

La caractéristique de nos métiers de conseil a toujours été

de s'adapter aux besoins. Aujourd'hui, alors que l'argent

public est plus rare, il s'agit d'aller à l'essentiel et d'optimiser

des budgets parcimonieux. Les cabinets conseil savent

le faire et peuvent ajuster leurs prestations. Encore faut-il

que les cahiers des charges en tiennent compte et soient

en adéquation avec les fonds disponibles.

Auriez-vous constaté des difficultés dans ce

domaine ?

Oui, et cela nous inquiète. Les rédacteurs des cahiers des

charges ne semblent pas toujours adapter leurs exigences

à des budgets limités. Souvent, les vrais professionnels

renoncent à répondre à une consultation pour cette raison.

Et comme il y aura toujours des soi-disant bureaux d'études

pour accepter ces conditions, nous craignons une

baisse de la qualité des prestations, voire une paupérisation

de la profession.

Lorsque ces dérives sont trop flagrantes, certains cabinets,

appuyés par le Géfil, attaquent en justice. Ils ont ainsi fait

annuler des marchés attribués à des organismes publics

ou semi-publics à des tarifs non concurrentiels.

Car on voit là un autre danger pour nos professions : celui

de la concurrence de structures recherchant des ressources

pour pallier la diminution de leurs subventions, et dont

la structure de formation des prix ne peut se comparer à

celle des sociétés privées.

En matière d'ingénierie touristique, la priorité doit toujours

être donnée à la création de valeur. Une bonne étude coûte

toujours moins cher qu'un mauvais investissement générant

des déficits structurels d'exploitation.

Le Géfil développe des actions de pédagogie auprès des

commanditaires pour qu'ils préservent la qualité de l'ingénierie

professionnelle. Par ce numéro spécial de Grand

Angle, ODIT France y contribue grandement.

Heureusement, il y a encore des donneurs d'ordre

qui acceptent de rémunérer normalement les

prestations de conseil, de lancer leurs consultations

dans des conditions opérationnelles

satisfaisantes et d'avoir des relations équilibrées

tout au long des missions. Le Géfil, dans

ces cas signalés par ses adhérents, adresse un

courrier de félicitations aux collectivités respectueuses

de ces règles de bon partenariat.

Comment se porte aujourd'hui la profession

de l'ingénierie ?

De manière contrastée. Le marché est plutôt porteur. Le

besoin de conseil et d'expertise est toujours élevé. Mais

cela contraste avec une valorisation insuffisante de nos

prestations. Il paraît difficile de faire comprendre aux donneurs

d'ordres que dans le domaine des prestations intellectuelles,

la sélection essentiellement par les prix, plus ou

moins habillée par un nombre de jours calculés en fonction

du but poursuivi, est fondamentalement contraire à leur

intérêt. Il paraît donc intéressant d'adresser un message

visant une utilisation optimale du code des marchés

publics.

Je vous remercie de nous soutenir dans cette entreprise.

Jean-Michel Grard

Président du Géfil

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