Le pasteur d'Hermas : une vision de l'au-delà au IIe siècle : conception eschatologique dans la Sim. IX

Devant la mort qui s'impose comme fin inhérente à tout être humain, le
message hermasien, dans la neuvième similitude, évoque une vie après
la mort dans une démarche qui séduit son lecteur et l'interpelle, en vue
d'une conversion immédiate et ponctuelle. Tout en travaillant sur des
données préexistantes, Hermas monte une thématique eschatologique,
avec un vocabulaire propre et une vision de l'au-delà saisissante : il
christianise ces données, en mettant en lumière la prééminence du Fils
de Dieu, déjouant ainsi les difficultés liées, à cette époque (II<sup>e</sup> siècle), aux
expressions «Messie», «Christ» ou «Jésus». Il voudrait démontrer
aux chrétiens en général et aux saints qui sont tombés (lapsi) qu'une
possibilité est à nouveau donnée. Ils doivent sortir de la conception de
damnation pour enfin bénéficier, de manière ultime, d'une metanoia
(postbaptismale) qui favoriserait leur purification et la grâce de vivre dans
la félicité, quand reviendra (d'ici peu, d'où parousie imminente) le maître
de la tour en construction en Sim. IX (en Arcadie). Ainsi se dévoile toute
la pensée hermasienne : la metanoia (la pénitence) ne se réalise pas
pour elle-même, elle a un but qui est essentiellement eschatologique.
Elle prépare les chrétiens à la venue du Fils de Dieu, à la sunteléia (retour
du Fils de Dieu) définitive, et leur promet, après l'acquisition du nom
par le baptême et la vie vertueuse, une place dans la tour, symbole du
royaume des cieux dans la Sim. IX.