L'odeur de l'argent sale : dans les coulisses de la criminalité financière

ù L'art et la manière de donner une
apparence licite aux fonds illicites...
ù Une donnée géopolitique
s'articulant autour d'implications
économiques, politiques et militaires,
au-delà du seul problème de sécurité
intérieure.
ù Comment et pourquoi l'argent sale
est désormais une donnée intrinsèque
et incontournable de l'économie de
marché.
Qu'il s'agisse de blanchiment
d'argent, d'abus de biens sociaux,
de corruption ou de fraude fiscale,
les circuits financiers qui permettent
de dissimuler l'origine exacte des
fonds sont multiples et se subdivisent
à l'infini, comme dans un labyrinthe.
Valéry Turcey, magistrat
Dans ce schéma financier machiavélique,
les princes qui nous gouvernent,
jonglent avec des flux d'argent dont la
couleur et l'origine oscillent entre le
blanc immaculé et le noir absolu. Cette
nouvelle source de profit ne pouvait
laisser insensibles les grandes familles
mafieuses. Elles s'immiscent de plus
en plus au sein de cabinets d'avocats,
d'agents de change ou de banquiers,
très au fait de l'internationalisation
et de la dématérialisation des échanges,
de l'absence de coopération judiciaire
à l'échelon européen et mondial.
Si les historiens dénoncent avec force
les affres de l'ex-commerce triangulaire,
les données restent identiques.
La verroterie pour acheter des esclaves
auprès des chefs africains est aujourd'hui
remplacée par le commerce
des armes en échange
des richesses naturelles
des pays visés (pétrole,
minerais, coca, pavot).
Le combat contre
les puissances du crime
est-il perdu d'avance ?