Olympia à Majorque

Armée du souvenir de ses tendres années dans l'idyllique
Majorque des années 1950, une sulfureuse Islandaise
revient sur l'île faire tomber les masques. Chez ses
compagnons d'enfance, la nouvelle de son arrivée se
répand comme une traînée de poudre, mais place les
protagonistes face à leurs illusions perdues.
Si l'auteur se plaît à brocarder cette génération disloquée
par la modernité et le tourisme de masse, qui pleure
son passé tout en bradant ses terres aux princes de la
spéculation, c'est que ce retour annoncé incarne à la vérité
la mutation d'un archipel en disgrâce, dominé par le
cynisme et la cupidité.
Entre élégie et caricature, cette oeuvre s'attaque avec
fureur et générosité à la médiocrité et à la complaisance
sous toutes leurs formes ; et Majorque de figurer alors
un bien burlesque paradigme du devenir de nos sociétés
et de l'évolution de ses moeurs. Manifestant le pouvoir
de destruction et de résurrection par l'emprise des sens,
les frasques de la sensuelle Olympia inscrivent l'exubérance
du corps dans le seul espace de liberté encore
possible.