Nécessité ou contingence : l'aporie de Diodore et les systèmes philosophiques

Nécessité ou contingence : l'aporie de Diodore et les systèmes philosophiques

Nécessité ou contingence : l'aporie de Diodore et les systèmes philosophiques
Éditeur: Minuit
1997447 pagesISBN 9782707306852
Format: BrochéLangue : Français

Les conditions qui rendent possible un acte libre existent-elles dans la

nature et en nous-mêmes ? Y a-t-il nécessité ou contingence ?

Un philosophe grec, du nom de Diodore Kronos, à peu près contemporain

d'Aristote, a formulé une aporie connue sous le nom d' argument

dominateur. C'est un fait que les Anciens ont considéré cette aporie

comme valide. A leurs yeux, elle démontrait l'incompatibilité de plusieurs

principes dont on s'accorde à trouver la présence dans les conditions

d'un acte libre et que le bon sens est porté spontanément à tenir

pour vrais. Réduits à l'essentiel, voici ces principes :

a) Le passé étant irrévocable, seul un événement futur peut être

possible.

b) Un impossible ne peut pas être la conséquence logique d'un

possible.

c) Il y a un possible dont la réalisation n'a jamais lieu, ni dans le

présent, ni dans le futur.

d) Ce qui est est nécessairement pendant qu'il est.

C'est encore un fait, historiquement attesté, que, en réponse à la

question de la nécessité ou de la contingence, les philosophes de l'Antiquité

ont élaboré plusieurs solutions mutuellement exclusives en procédant

comme on fait en mathématiques lorsqu'il s'agit d'accommoder

un système d'axiomes démontré incohérent. Ils ont sacrifié l'un d'eux

pour sauver ceux qui leur paraissaient inattaquables.

La question de fait ainsi résolue - son examen occupe les trois premières

parties du présent ouvrage -, restait à poser la question de droit.

Les philosophies sont des systèmes de pensées, des systèmes d'assertions.

Il fallait donc se demander s'il existe un lot fini d'assertions irréductibles

et telles qu'une philosophie soit à même d'élire l'une d'elles

comme principe. L'examen, auquel on a consacré la dernière partie de

l'ouvrage, montre qu'il en va bien ainsi et la classification des assertions

fondamentales fournit la raison qui rend possible une classification des

systèmes philosophiques.

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