Le coup d'Etat en permanence ? : l'agent public et l'enjeu césarien de la candidature officielle sous le second Empire

Le coup d'Etat en permanence ? : l'agent public et l'enjeu césarien de la candidature officielle sous le second Empire

Le coup d'Etat en permanence ? : l'agent public et l'enjeu césarien de la candidature officielle sous le second Empire
Éditeur: De Boccard
2015393 pagesISBN 9782701803654
Format: BrochéLangue : Français

Dans l'inconscient collectif et la culture nationale, l'image du Second

Empire fut longtemps discréditée. La défaite de Sedan, les diatribes de

Victor Hugo et le coup d'État se conjuguèrent pour fixer durablement

une légende noire. La recherche historique a contribué à corriger cette

appréciation, en examinant la mutation libérale du régime et l'usage

que celui-ci fit du suffrage universel. Il restait à en envisager les conséquences

sur l'agent de l'État, notamment dans son rapport avec l'une des

spécificités de l'Empire : la candidature officielle. L'idéologie césarienne

consiste à subordonner le fonctionnement de l'Empire à la victoire du

candidat recommandé par le Gouvernement lors de chaque élection,

locale ou nationale, une situation que le député Arnaud de l'Ariège a

qualifiée de «coup d'État en permanence». Un siècle plus tard, François

Mitterrand se saisira de l'expression pour dénoncer le bonapartisme du

gouvernement gaullien.

À partir de 1860, le Second Empire tend à se libéraliser, sans pour autant

perdre ses caractéristiques initiales. Oxymore politique, le césarisme

reste ainsi démocratique, tout en devenant libéral. La métamorphose est

fondamentale. Elle renouvelle l'appréhension du rapport entre l'État et

le citoyen, qui repose jusqu'alors sur le seul principe autoritaire et paternaliste.

Du point de vue électoral, elle se traduit par une transformation

de la nature des consultations populaires. L'émergence d'une jurisprudence

électorale émanant du Conseil d'État est à cet égard exemplaire :

en application des décrets de 1852, ce dernier consacre les principes

actuels de liberté et de secret des scrutins. Aussi le «fonctionnaire» se

présente moins comme l'agent électoral du pouvoir que comme celui du

droit des élections. Reflet de la mutation césarienne du régime, l'évolution

de sa mission atteste l'incidence politique et juridique du Second

Empire sur l'histoire de la démocratie moderne.

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