Christian Dotremont, multiple à l'infini

Entre aventures collectives - le Surréalisme-Révolutionnaire,
puis Cobra - et expériences
solitaires, l'oeuvre de Christian Dotremont
se développe comme une constante expérimentation,
en déplacements, transformations, métamorphoses.
Fidèle à ses partis d'«inter-spécialisme»
et d'«antispécialisme», elle a cherché, depuis les
premières peintures-mots jusqu'aux logogrammes, à
inventer un espace de rencontre entre lisible et visible,
à inscrire le corps et le dynamisme vital dans
le tracé de la lettre, à réhabiliter la matière. Souvent
animée d'une impulsion ludique, elle n'en garde pas
moins la trace d'une expérience du vide amorcée en
1951, lorsque se révèle la «catastrophe» intime - l'atteinte
de la tuberculose qui fore son «trou» dans les
poumons et précipite la fin des illusions, religieuses,
politiques, littéraires - et poursuivie par la confrontation
réitérée avec les paysages de l'Extrême-Nord.
Diversifiant les approches, étendant l'investigation
au delà de la seule poésie graphique, c'est-à-dire
au delà des logogrammes, les communications ici
rassemblées s'efforcent de saisir dans sa singularité
cette oeuvre polymorphe dont le devenir suit et crée
une ligne multiple par delà la ligne, peut-être plus
apparente, du Nord.