Madame de Saint-Malo ou La fidélité

Août 1858 : l'empereur Napoléon III et l'impératrice Eugénie
se rendent en visite en Bretagne. C'est la première fois depuis
la Renaissance que des souverains français viennent dans la
grande province de l'Ouest. L'événement attire des foules considérables.
Parmi ceux qui acclament le couple impérial figure
Amélia Bouvet, jeune demoiselle des environs de Saint-Malo,
petite-fille d'un célèbre amiral, dont l'exceptionnelle beauté et
la fascination bien visible attirent l'attention de Leurs Majestés.
Quelques années plus tard, l'Impératrice appelle la jeune
Bretonne à ses côtés en tant que lectrice, puis dame du palais,
et Amélia Bouvet - devenue Amélia Carette après son mariage
avec un riche industriel - va ainsi connaître les grandes heures
de la cour, des gigantesques bals des Tuileries à l'Exposition
universelle de 1867 où Paris, devenue pour l'occasion capitale
du monde, accueille les plus illustres têtes couronnées de la
planète.
Plus dure sera la chute. Trois ans après son apothéose, le
Second Empire s'effondre lamentablement à Sedan, et l'Empereur,
malade et vaincu, se constitue prisonnier des Prussiens.
Parmi les anciens serviteurs, nombreux seront les déçus et les
opportunistes qui tourneront alors le dos à leurs engagements
passés. Tel n'est pas le cas d'Amélia Carette pour qui Louis-Napoléon
Bonaparte et Eugénie de Montijo resteront toujours
l'Empereur et l'Impératrice avec une majuscule.