Justin Descombes, paysan du Périgord : poilu de 14-18 : récit

Le 3 septembre 1914 : un train quitte la gare de Bergerac ; à bord, Justin
Descombes et ses camarades du 108<sup>e</sup> régiment d'infanterie. Ils sont
conduits vers la zone du front, là où les hostilités avec les Prussiens viennent de
débuter. Jusqu'alors, ce paysan de 31 ans s'adonne à sa petite terre familiale de
Pech Aumont, en Périgord Noir, avec sa jeune femme qui lui a donné deux enfants,
et ses parents. Son univers se limite à une paire de boeufs, un carré de froment,
quelques noyers, des truffières et la basse cour. À vrai dire, Justin n'a quitté le sol
natal que pour le service militaire et son voyage de noces à Périgueux. Une fois
l'an, il descend au Bugue pour la foire cantonale.
Durant quatre ans, il découvre la Champagne dans les tranchées, la Picardie
au son du canon, la Lorraine à coups de baïonnettes, la Picardie dans la boue
immonde et les cadavres. La défense de la patrie le conduit jusqu'au Montenegro.
Son moral est entretenu par les lettres quotidiennes des siens qui ne lui
cachent rien, de l'éveil de ses enfants à la vie, du cours des noix, des labours
tardifs, tout comme des potins de Périgueux savoureusement distillés par son oncle
Sylvain.
Par bonheur, depuis bientôt cent ans, les correspondances ont été conservées.
Ces lettres nous livrent aujourd'hui un reportage sur le vif des événements tant aux
combats qu'à la ferme.
Le 10 mars 1919, Justin retrouve les siens, ses biens, ses bêtes, mais que de
bouleversements l'ont marqué ! Comment va-t-il trouver une place dans ce XX<sup>e</sup>
siècle qui est apparu sans qu'il le sache ?