Marie-Antoinette, 1755-1793 : images et visages d'une reine

«Catin», «créature de l'enfer», «garce autrichienne» : les injures
contre Marie-Antoinette ont fleuri durant ses dix-neuf années passées
à Versailles. La violence des caricatures, des pamphlets et
des chansons de l'époque semble à peine croyable aujourd'hui.
Fille de Marie-Thérèse d'Autriche, mariée en 1770 pour des raisons
politiques au futur Louis XVI, la reine est considérée comme
«le fléau et la sangsue des Français». Elle est guillotinée le
16 octobre 1793 sous les vivats du peuple en Révolution et, depuis
lors, sa mémoire oscille entre haine et dévotion, de l'étrangère
intrigante pour la France républicaine du XIX<sup>e</sup> siècle à la figure
de jeune femme coquette et incomprise qu'elle incarne de nos jours.
S'appuyant sur une riche iconographie, l'historienne Annie Duprat
démêle les représentations contrastées de la postérité de
Marie-Antoinette, devenue malgré elle «la Lady Di du XVIII<sup>e</sup> siècle».