Intempestives, n° 2. Krisis : perspectives pour un monde aux alentours de 2010

La revue Intempestives entend exister par numéros thématiques, donnant la
parole à contre-courant de la pensée unique, en son échec patent. S'il est un axe,
c'est celui de la jonction de l'art et du politique. Et l'engagement, en l'un comme
l'autre, est privilégié.
Pour «Krisis», commençons par l'évidence même : si l'on accepte le mot
«crise» en son sens vulgaire, alors c'est un état normal de l'humanité. Comme le
disait Durkheim, est normal ce qui correspond à l'état habituel d'une société et
pathologique ce qui constitue un état exceptionnel et surprenant. «Crise» devient
alors synonyme de l'histoire et des sociétés humaines. Ce n'est que par rapport à un
idéal social que nous traitons une période historique - voire notre période historique
- de «crise». Notre entreprise doit, dès lors, chercher non pas les causes de la
«crise», mais les catégories philosophiques qui nous permettent de penser ce qui
advient aujourd'hui, sous nos yeux, ce qui nous donne accès aux conditions
d'existence et de vie quotidiennes. Plus que cela, elle doit nous permettre de
comprendre les caractéristiques de notre époque, sa différence spécifique , ce qui
implique aussi les problèmes spécifiques liés à notre héritage et à notre condition.