Le miroir de l'Aragne. Vol. 1

Le Miroir de l'Aragne
Battu, humilié, quasi-inexistant, le royaume de France, en cette année 1423, précisément en l'après-midi du 3 juillet, voyait, en les douleurs supportées par Marie d'Anjou, venir au monde un enfant prénommé Louis.
Fils de Charles VII, petit-fils de Charles VI, roi faible, car soumis à des crises de folie incontrôlables et d'Isabeau de Bavière, reine détentrice d'une vive intelligence mais, malheureusement influencée par une légèreté de cuisse et une fidélité politique à une maison peu favorable à l'accroissement du royaume des Lys, le jeune prince naquit entouré par des tapisseries empruntées à la maison de Valois.
Dès le lendemain de sa naissance, le dauphin fut conduit en la cathédrale Saint-Étienne pour y recevoir le sacrement du baptême. Comme parrains, avaient été choisis le chancelier de France et Jean duc d'Alençon qui, avant d'être rattrapé par un lourd atavisme générateur de perfidies aussi folles qu'inoubliables, allait devenir l'un des compagnons de Jeanne d'Arc. Tenu sur les fonts baptismaux par Catherine de l'Isle Bouchard comtesse de Tonnerre, femme d'une remarquable beauté et d'une cupidité sans borne, le jeune prince avait eu le triste privilège de voir célébrer la messe par Guillaume de Champeaux, duc-évêque de Laon, personnage trouble et pervers s'il en fut, menant vie honteuse et déshonnête.
Baptisé Louis en mémoire de Saint-Louis, le dauphin subit sa première humiliation en le fait que, quelques jours après sa naissance, étendards flottaient, cierges étaient brûlés et feux de joie allumés en la ville de Paris...