Le dernier jour du général de Gaulle

Depuis qu'il a quitté le pouvoir, il reste à Charles de Gaulle une
«mission» : la rédaction des Mémoires d'espoir , qu'il redoute de ne
pas mener à son terme. Le voici seul face à l'Histoire, qu'une fois
de plus il écrit après l'avoir faite. Et seul face à sa mort prochaine.
Non qu'elle l'effraie : elle est sa compagne familière depuis la Grande
Guerre. Elle n'a cessé de se rappeler à lui. Il s'est toujours promis de
l'accueillir debout, impassible mais non indifférent.
La maladie, les deuils, les attentats : aucune épreuve ne lui a été épargnée.
Il y a toujours fait face avec sa sensibilité, sa pudeur, sa force de
caractère, mais aussi ses angoisses et ses doutes. N'a-t-il pas connu,
au moins une fois dans sa vie, la tentation du suicide ?
«Il y a le pauvre homme de Gaulle, disait-il. Et puis il y a le de Gaulle
dont on attend l'Histoire.» C'est leur rencontre qu'organise François
Broche dans cet essai qui confronte l'homme et sa légende, l'action
politique et la méditation philosophique. Éclairant l'ultime journée
du 9 novembre 1970 à l'aide de témoignages rares, il prolonge
d'ombres intimes la silhouette du «plus illustre des Français».