Les géocroiseurs

Comme dans un classique film-catastrophe, la menace
vient du ciel. Cinq géocroiseurs, ces météorites qui frôlent
l'atmosphère, vont percuter la terre dans trois jours.
Au sol, la zone d'impact a été évacuée, les gens attendent,
tête dans les épaules, l'instant de la collision.
Seul un vieil homme refuse de partir. Habitant du silence,
habitué à minutieusement consigner ses observations
dans de petits cahiers d'écolier, le vieil homme
parle, se lance dans un long monologue, s'embrouille
et brode, peu à peu, l'histoire contradictoire de sa vie.
Que faire d'autre sinon parler ? Parler en attendant que
le ciel se mêle à la conversation et vienne ponctuer le
récit d'un point final absolu.
Dans son troisième roman, Éric Pessan reprend en l'inversant
le thème du langage qu'il avait exploré dans
les deux précédents. Devant la menace imminente de
destruction physique, la parole construit le monde.