Exploration minière, développement technique et animisme en Côte d'Ivoire (1960-1977) ou Kumba m'a dit

Cet ouvrage décrit des situations inattendues qui se sont produites au
cours du développement d'un pays équatorial typique et dont les effets
sont d'importance primordiale pour éviter les échecs qui engloutissent
des capitaux précieux de l'exploration. Quatre problèmes doivent être
résolus de manière continue et harmonieuse. Le premier concerne le
contexte du milieu climatique et du substratum géologique. En effet, les
grandes pénéplaines des pays équatoriaux sont formées par les roches du
Précambrien, les plus anciennes de la Terre. Elles ont été produites par
une érosion profonde et une altération atmosphérique d'anciennes
chaînes de montagnes complètement couvertes aujourd'hui par un
manteau épais de sols rouges. La géologie en pays équatorial défie bien
des notions acquises dans les domaines académiques classiques. Ensuite,
toute transplantation sans examen critique de méthodes techniques,
européennes et américaines, et même de simples principes d'exploration
est une garantie de catastrophe économique.
Cette transmission de la connaissance se fait entre experts étrangers et
techniciens locaux. Un effort important doit avoir lieu pour que les deux
cultures s'associent de manière effective. Le plus gros effort doit être
fourni par l'étranger qui a tendance à ne pas tenir compte de manière
suffisante du trésor d'observations accumulé depuis des millénaires et
surtout de la position de l'homme dans le cadre des concepts de l'origine
de l'univers ; aussi primitive soit-elle. Lorsque l'harmonie, même
temporaire, des concepts modernes et anciens a lieu sur le terrain, elle
conduit a des succès dont les effets économiques et sociaux se feront
sentir dans les siècles à venir.