Saint-Jean-d'Angély, la Saintonge et le vin au Moyen Age : de l'essor au siècle d'or (Xe-milieu du XIVe siècle)

Saint-Jean-d'Angély, la Saintonge et le vin au moyen âge
De l'essor au siècle d'or (X<sup>e</sup> - milieu du X<sup>e</sup> siècle)
Au Moyen Âge central, Saint-Jean-d'Angély et la Saintonge doivent leur expansion et leur fortune au vin. L'abbaye de Saint-Jean-d'Angély, qui crée un vignoble entre Sèvre Niortaise et Charente aux X<sup>e</sup>-XII<sup>e</sup> siècles, devient le centre d'impulsion d'un commerce vinaire. Puis, au XIII<sup>e</sup> siècle, les marchands, via la Commune, se substituent à l'abbaye dans la direction de l'économie angérienne en aménageant et contrôlant la Boutonne, affluent de la Charente traversant Saint-Jean-d'Angély, pour favoriser la vente du « vin de Saint-Jean » en France (Normandie, Île-de-France, Artois, Flandre), en Angleterre et dans le Saint Empire romain germanique (Hainaut, Brabant, Hollande, Liège, Luxembourg, Allemagne). Ce courant d'échange international connaît son apogée dans la seconde moitié du XIII<sup>e</sup> et la première moitié du XIV<sup>e</sup> siècle. Le « vin de Saint-Jean » est si répandu en Flandre que Saint-Jean-d'Angély y obtient des privilèges commerciaux (Gravelines, 1262 ; Bruges, 1331). L'emprise de Saint-Jean-d'Angély est telle que les ports de la Boutonne (Tonnay-Boutonne) et de la Charente (Saint-Savinien et, dans une certaine mesure, Tonnay-Charente) sont dans son orbite. Enfin, ce livre dépeint le « monde du vin » à Saint-Jean-d'Angély, fait de Juifs et de Lombards mais aussi de marchands, courtiers, viticulteurs et tonneliers angériens.