Gens d'Eglise, gens de pouvoir : (France, XIIIe-XVe siècle)

Alors que la fuite du monde, l'imitation des premiers apôtres et l'amour
de la pauvreté avaient été au coeur du dynamisme religieux de leurs
prédécesseurs des XI<sup>e</sup> et XII<sup>e</sup> siècles, les clercs de la fin du Moyen Âge
semblent plutôt entraînés dans une quête du pouvoir qui les transforme en
maîtres du savoir, en juges sans pitié ou en conseillers du monarque.
À travers quatre études de milieux particuliers, l'auteur entend montrer les
limites atteintes par l'influence des ordres mendiants héritiers du modèle
apostolique, la place des gens d'Église dans la construction de l'État
moderne et leur pénétration dans les circuits du crédit. Un retour au
monde, entraînant une insertion plus intense dans la société française, a
permis aux évêques et chanoines de participer eux aussi à l'édification de
la nation et du capitalisme, loin de tout esprit de pénitence, d'ascèse et
d'humilité.
Mais le pouvoir ne pourrait-il jamais s'exercer en vue de ce que tous
considèrent comme un bien, et la richesse ne saurait-elle jamais permettre
la générosité ?