J'ai choisi le bagne

Tandis qu'il escorte la masse brune des 609 bagnards en
partance pour la Guyane, le doute et l'émotion étreignent
Guillaume. Il commence à regretter de s'être engagé aussi
rapidement dans l'administration pénitentiaire des colonies.
Nous sommes en 1922... Cela fait 70 ans que la Guyane
accueille ceux que la France considère comme le rebut de
l'humanité. Là-bas, les surveillants deviennent les instruments
d'un système implacable. Certains se montrent corrompus et
cruels. D'autres, comme Guillaume, essaient de se comporter
dignement.
Partagé entre la fascination et la répulsion pour cette terre
lointaine qu'il ne voudra plus quitter, au risque de sacrifier sa
vie personnelle, Guillaume assistera, après les articles
retentissants du reporter Albert Londres, à la mise en place
d'ultimes réformes qui tenteront d'humaniser le châtiment. Il
faudra attendre 1953 pour que les derniers bagnards ne
retrouvent définitivement le sol de France.