Victor ou l'Amérique

Qui aurait songé, en 1787, que cet élégant jeune homme qui débarquait à New York serait à l'origine d'une des plus grandes aventures industrielles de tous les temps ? Certainement pas l'ambassadeur de France dont Vietor Du Pont de Nemours était le secrétaire bénévole. «Le Superbe», comme l'avait surnommé Mme de Staël, laissait à Paris un père, et Irénée, un jeune frère doux et rêveur qui aimait la chimie et qui vénérait son aîné.
En Amérique, Victor devient un homme. Rentré à Paris sous la Terreur, il se marie et repart. Irénée le rejoint et pour survivre fonde une fabrique de poudre sur la Brandywine River en s'inspirant de la fabrique royale d'Essonnes où il a travaillé avec Lavoisier. Après beaucoup d'échecs et de recommencements, de joies et de peines, ils deviennent les premiers fournisseurs de poudre d'Amérique.
Victor avait le goût du bonheur et du risque. Sans lui pas de destin pour Irénée que tout effrayait, mais sans Irénée pas d'invention, pas de société Du Pont de Nemours, aujourd'hui la première entreprise chimique au monde.
De la cour du Roi à l'Amérique, leur vie fut romanesque et intrépide, mais c'est dans l'amour fraternel qu'il faut chercher les racines profondes de leur extraordinaire aventure.