Livres pillés, lectures surveillées : les bibliothèques françaises sous l'Occupation

Livres pillés, lectures surveillées : les bibliothèques françaises sous l'Occupation

Livres pillés, lectures surveillées : les bibliothèques françaises sous l'Occupation
Éditeur: Gallimard
2008587 pagesISBN 9782070122950
Format: BrochéLangue : Français

On sait l'ampleur des pillages des collections d'art en France par l'occupant

nazi.

Nul n'ignore plus l'existence des listes Otto - recensant les auteurs

juifs ou antinazis, qui devaient être à jamais bannis de tout catalogue - et

que le syndicat des éditeurs français appliqua dès les premières heures de

l'Occupation avec un zèle certain.

Personne, avant Martine Poulain, ne s'était inquiété du devenir des

bibliothèques dans la France de 1940 à 1944. Une France qui est à la fois

celle de l'occupant nazi et celle du régime de Vichy.

À la différence des archives des ministères (Guerre, Affaires étrangères,

Intérieur, Justice) et des musées, peu de bibliothèques publiques sont

l'objet du pillage par l'occupant, à l'exception des alsaciennes et des

mosellanes, germanisées et propriétés du Reich. Le vol de masse, nazi mais

aussi vichyste, frappe, dès juin 1940, les bibliothèques institutionnelles

- juives, slaves, maçonnes - mais aussi privées, celles des premiers

ennemis du Reich (les grandes familles juives, les Allemands exilés, les

hommes politiques du Front populaire). Puis le pillage accompagne ordinairement

les rafles. Plus de dix millions de livres prennent le chemin de

l'Allemagne. Martine Poulain a constitué une première liste des personnes

spoliées de leur bibliothèque - près de 1 700 noms.

Le régime de Vichy, de son côté, surveille les livres, les bibliothèques et

les lecteurs, sous la houlette d'une Bibliothèque nationale devenue le

parangon de l'ordre nouveau, instrument de la collaboration d'État aux

mains de Bernard Faÿ. Ce dernier mène une lutte obsessionnelle contre la

franc-maçonnerie sous couvert d'un «Musée des sociétés secrètes».

Martine Poulain esquisse les portraits de quelques grandes figures,

notamment Jean Laran, conservateur des Estampes, administrateur de la

Bibliothèque nationale lors de l'invasion et de la Libération, et Marcel

Bouteron, inspecteur général, deux délicieux érudits à l'éthique infaillible,

qui surent, face à la brutalité, à la bêtise et à la mesquinerie des temps,

prendre le chemin juste et agir dans la droiture.

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