Journal d'une déchirure

Coq horloge et radio !
Autrefois le coq chantait
Et le soleil se levait
Sur tous les matins du monde
Rythmant la nature dans les saisons
En passant par l'eau de la clepsydre
Puis vînt le clocher d'église
Sonnant l'heure locale
Balance de la religion du bocal
Ensuite s'usinèrent des montres
Qui scandent un temps froid
Celui de la religion du bocal
Au goût de métal et dans de l'argent
Maintenant à l'heure actuelle
Le radio-réveil pulse dans l'air
Sur les ondes en stéréo
Une nouvelle ère programmable
Qui diffuse le grand rêve évolutionnaire
Le monde est une horloge parlante
A l'insu de l'entendement - notre espace personnel - protège et nourrit
- une pensée intime et profonde - qui resurgit un jour - pour se dépenser-
en fragments - en bribes - et en relais. C'est le sens du mot grec
poien qui signifie poésie. Et tout ceci construit un temps intérieur -qui
nous appartient en propre - pour nous porter toujours plus loin. Une
pensée - c'est se dépenser - une pensée sait se dépenser -
une pensée cesse des pensées. Voici toute la déchirure schismatique
entre les différents niveaux d'être.
A lire à plusieurs et dans le désordre de préférence.