Semer au chant du coq : implanter des Eglises baptistes en France : un regard sur quarante-quatre ans de ministère pastoral, 1964-2008

«Débrouillez-vous». Voilà ce qu'aurait répondu, en substance, Roger
Combrisson, maire de Corbeil-Essonnes, à un appel au secours lancé par la
nouvelle Église baptiste fondée dans le quartier des Tarterêts par Jean
Stauffacher. Depuis Irénée de Lyon, Colomban, jusqu'aux nouvelles Églises
multiethniques du XXI<sup>e</sup> siècle, l'histoire du christianisme français est jalonnée
de ces petits et grands défis missionnaires, sans lesquels il n'y a point
d'Église.
Semer au chant du coq s'inscrit dans cette veine. Témoignage livré par un
pasteur baptiste au soir de sa vie, ce livre apporte un riche éclairage sur une
des familles du protestantisme français, celle des baptistes indépendants.
Dans un style alerte qui a conservé la saveur de l'oral, Jean Stauffacher (1936-2008)
nous fait voyager en Afrique, au Québec, aux États-Unis... mais c'est
en France, pays dont il a acquis la nationalité, qu'il a développé l'essentiel
de son ministère, principalement en Essonne et en Moselle.
Fruit de vingt-deux entretiens, ce livre illustré ouvre de multiples lucarnes
sur des réseaux évangéliques méconnus, et nous fait découvrir, à hauteur
d'homme, ce que peut représenter un travail d'implantation d'Église locale :
un défi harassant, patient et interculturel où les surprises ne manquent pas,
à l'image de cette mitoyenneté à Ris-Orangis entre Église et synagogue ! Pour
mieux comprendre les enjeux qui touchent l'histoire récente du protestantisme
évangélique et de la laïcité en France, voilà un témoignage à ne pas
manquer. Il éclaire, au-delà de la trajectoire biographique, une spiritualité
originale, sur fond d'un demi-siècle d'évangélisation au pays du coq gaulois.
Préfacé et annoté par Sébastien Fath (CNRS), cet ouvrage signé Jean
Stauffacher comporte quatre chapitres. Il est doté de deux chronologies,
d'un glossaire, d'une bibliographie et d'un index des noms cités.