La grande misère : récit

Tout a commencé chez un bouquiniste : le livre de Maisie Renault
y dormait là, parmi d'autres consacrés à la Seconde Guerre
mondiale - «depuis 40 ans», précisa le libraire. À sa sortie,
en 1948, La Grande Misère bouleversa le jury du Grand Prix
Vérité, qui distingua ce récit d'une jeune résistante rescapée
du «pays de la mort». Arrêtée par la Gestapo alors qu'elle cherchait
à protéger son frère, le célèbre colonel Rémy, Maisie Renault
était arrivée, un jour de 1944, à Ravensbrück, au pire moment
de l'histoire du camp. Situé au coeur du Reich, il était dédié aux
prisonnières politiques, mais aussi aux «détenues familiales»,
soeurs, femmes, mères de patriotes...
Avec une incroyable humanité, Maisie Renault raconte sa lutte
pour survivre à l'heure où le camp de concentration se transforme
en une effroyable machine à exterminer : comment préserver
sa dignité, résister à l'ensauvagement qui les gagne toutes petit
à petit et trouver au plus profond de soi la force nécessaire pour
ne pas sombrer. Par la sobriété de son écriture, la justesse du ton,
La Grande Misère touche en plein coeur. On n'oubliera pas de sitôt
le témoignage de cette femme au courage exemplaire.