Mouvement social (Le), n° 236

Mouvement social (Le), n° 236

Mouvement social (Le), n° 236
Éditeur: La Découverte
2011143 pagesISBN 9782707169655
Format: BrochéLangue : Français

Ce numéro varié s'ouvre sur un dossier consacré

au «monde du contact» entre les diverses

composantes de la société coloniale algérienne

de l'entre-deux guerres. Dans ces textes se

croisent les regards de chercheurs européens et algériens, historiens et

anthropologues. Les traductions locales des mobilisations du Front

populaire à Oran dessinent entre milieux musulmans et colons européens

des circulations inédites et éphémères autour d'un projet de réforme de

la société coloniale. Les limites de ce rapprochement sont éclairées par le

foisonnement associatif des milieux réformateurs musulmans à Alger, le

positionnement ambigu des journalistes musulmans et les perceptions de

la colonisation par une société villageoise restée à l'écart de la présence

européenne. À Alger, dans les années 1930, s'observe un glissement du

réformisme avant tout culturel et religieux vers l'aspiration nationaliste

à l'indépendance, glissement qui se reflète dans l'occupation de l'espace

urbain et pénètre de nouvelles couches sociales. Considérés a priori

comme voués au mimétisme par rapport aux normes et aux usages de la

presse métropolitaine, les journalistes «indigènes», fortement politisés,

jouent le rôle d'éveilleurs d'une «opinion publique musulmane». Quant

aux Béni-Boudouane, ils doivent à la colonisation la formalisation de

leur existence en tant que tribu, mais ils ont surtout connu de la présence

française son issue guerrière.

Cette problématique des fractures à retardement de la société coloniale

est prolongée par l'article de Françoise Blum sur la révolution malgache

de 1972. Le rejet du néo-colonialisme a beaucoup contribué au renversement

du régime alors en place dans la Grande Île, perçu en particulier

par la jeunesse étudiante comme trop dépendant à l'égard de la France.

En complément, Leyla Dakhli se penche sur les transformations des

sources du travail historique à la lumière des récents événements de

Tunisie. Elle s'interroge notamment sur le statut et l'exploitation des

matériaux issus du web pour écrire l'histoire des mobilisations sociales.

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