La poésie moderne et la structure d'horizon

Formalisme et structuralisme ont envisagé la poésie
comme un langage replié sur lui-même. À cette hypothèse
d'une «clôture du texte» s'opposent la pratique et la
réflexion des poètes, qui n'ont cessé de lier leur écriture à
un horizon.
Cet horizon renvoie non seulement à l'espace du
dehors, mais aussi à l'espace intérieur de la conscience
poétique, et à l'espace du texte lui-même. De par cette
aptitude à réunir les trois dimensions de l'expérience poétique,
l'horizon apparaît comme une véritable structure
régissant à la fois le rapport au monde, la constitution du
sujet et le fonctionnement du langage.
La notion de structure d'horizon permet de mieux comprendre
la solidarité qui unit, en poésie, le sujet et l'objet,
le visible et l'invisible, l'imaginaire et le réel, l'élaboration
d'une structure déterminée et l'ouverture d'une marge
inépuisable d'indétermination.
Elle est ici interrogée à la fois à travers les images des
poètes modernes (de Baudelaire à Du Bouchet), et à partir
des enseignements de la phénoménologie, de la psychanalyse
et de la poétique. C'est au croisement de ces divers
approches que peut se dessiner le nouvel espace théorique
dont nous avons aujourd'hui besoin pour penser la
poésie.