Irhazer : aventures géologiques au Niger

Irhazer , ou "eghazer" , en tamachèque, désigne une grande vallée et la plaine d'épandage
qui lui est associée. C'est ici un vaste kori, situé à 150 kilomètres au nord-ouest d'Agadez, près de la
bordure sud du Sahara, et qui coule très rarement, quelques jours... tous les dix ans. Un de ces cours
d'eau sec qui sort du massif granitique de l'Aïr pour s'étaler à l'infini, dans une immense plaine
d'argile rouge, d'une platitude infinie, carbonisée en permanence par un soleil impitoyable, dont on
se demande comment elle peut bien abriter la vie, des hommes et des animaux. C'est, en quelque
sorte, l'épicentre de la zone parcourue par les Touaregs de cette partie du Niger. Ils sont les seuls
humains à pouvoir y vivre.
L'intrigue décrit la vie de tous les jours de l'un d'eux, Moussa, un guide pour touristes, entraîné
soudain, malgré lui, dans des évènements graves tels que des attentats à la dynamite et des prises
d'otage concernant des citoyens américains. Elle décrit aussi la vie aventureuse de cette géologue et de
ces journalistes étasuniens aux prises avec une réalité africaine, pour eux souvent déroutante.
Les Touaregs ont toujours suscité beaucoup d'interrogations mais aussi d'admiration pour leur
bravoure et leur faculté d'adaptation à un milieu particulièrement hostile, le désert, sans aucun doute
un des environnements les plus difficiles de la planète. Pour la suite, l'avenir de leur culture est
incertain, à la fois pour des raisons politiques et climatiques.
D'abord, ils sont répartis sur plusieurs pays souverains, le Niger, le Mali, le Tchad, la
Mauritanie et l'Algérie, puisque le colonisateur, qui est à l'origine du découpage actuel de l'Afrique de
l'Ouest, n'a pas pensé ou n'a pas réussi à les rassembler dans une entité qui leur aurait probablement
permis de mieux préserver leur identité.
Ils sont, ensuite, très concernés par la désertification qui sévit dans cette partie du continent
africain. Un peu plus tous les ans, elle s'étend dramatiquement vers le sud et décime peu à peu leurs
troupeaux, leur seule richesse et leur seule ressource.
L'auteur nous décrit aussi l'Afrique, dans sa globalité, avec ses bons et ses mauvais côtés, et
sa relation ambiguë avec les toubabs, les blancs, qui sont toujours présents, parfois avec leurs a priori
et leurs complexes de supériorité.
Cette histoire n'est en aucun cas autobiographique, bien que l'auteur ait, au fil des pages,
agrémenté son récit de souvenirs et anecdotes personnels qui viennent ajouter du piment à l'intrigue,
et en augmenter la crédibilité.