Franz Liszt et George Sand : entre amour et amitié

Franz Liszt dira un jour à Marie d'Agoult
«Vous n'êtes pas la femme qu'il me faut, vous
êtes celle que je veux».
Avait-il parfois pensé que George Sand était
cette femme qu'il lui fallait ?
Il ne l'avait pas rencontrée par hasard ; il
l'avait trouvée, en ce jour d'automne 1834,
telle qu'il la connaîtrait toujours : dans une
pièce enfumée, au milieu d'amis occupés à
refaire le monde.
Un groupe qui n'était pas l'assemblage fortuit
et artificiel de gens d'une même caste,
mais une association naturelle et comme
spontanée de jeunes talents.
George et Franz s'y reconnurent.
Tout les rapproche constate Georges Lubin :
l'amour de la musique, l'admiration réciproque,
une communauté d'idées politiques
et sociales généreuses, un certain mysticisme
religieux, une attirance physique qui n'a rien
de surprenant, car ils sont beaux tous les
deux, feraient aisément évoluer une amitié
naissante vers l'amour si...
Wladimir Karénine précise : «Il serait difficile
de se représenter des natures, des goûts, des
tendances des convictions, des inclinations, un
tour d'esprit, une direction de vie plus semblables
que les natures, les tendances et même
les faits de la vie de Liszt et de George Sand.
Foisonnante, fascinante époque que cette
décennie 1830-1840 qui suivit la Bataille
d'Hernani où l'on était «fou de Lyrisme et
d'art», où les chemins de Franz et de George
se croisèrent, se joignirent pour se séparer
dans cette étrange valse-hésitation entre
amour et amitié.