Atelier du roman (L'), n° 55. Le Dieu bien tempéré de Chesterton

Une oeuvre nouvelle redonne à lire des oeuvres anciennes dont elle est l'écho, elle est portée
par ce qui la précède : les esthétiques de la rupture me sont profondément étrangères, elles
sont devenues la forme moderne du pompiérisme, un discours vide de sens qui table sur une
rupture qui n'est plus qu'un mot creux.
Jean-Yves Masson.
Pour Chesterton, Dickens n'est pas un
écrivain «victorien» : il est, dans la
lignée de Sterne et de Fielding, un «grand
humoriste anglais», et par là même la queue
d'une comète qui brille depuis Rabelais et
Cervantès.
Jean-Pierre Ohl.
Ce qu'on trouve dans L'Auberge volante , et qui
ne ressemble pas tout à fait aux «guerres
picrocholines», c'est la dimension proprement
politique. Oserai-je dire que le roman de Chesterton
est une oeuvre d'anticipation, et qu'elle
annonce certaines confrontations plus violentes
qui remplissent les pages de nos journaux ?
Gilles Marcotte.
Most of Chesterton's own writing was intended to help us see the strangeness of
things we take for granted, and his stories are therefore mostly set on what may
seem familiar ground-precisely to make it unfamiliar.
Stephen R.L. Clark.
Il est peut-être le dernier écrivain optimiste du XX<sup>e</sup> siècle, et qu'il se situe à son début en
dit long sur ce siècle mais aussi sur l'infortune critique qui sera celle de l'écrivain. Qui,
aujourd'hui, voudrait s'encombrer de catégories esthétiques ou morales comme le beau ou
le bien, même a contrario , pour distinguer l'oeuvre de qualité du tout-à-l'égout imprimé ?
Marie-Andrée Lamontagne.
Le je du texte naît d'un nous dont les récits sont
des légendes. Si Raharimanana écrit en
langue française, c'est la langue malagasy, langue
officielle de Madagascar, qui a pendant des siècles
enterré les morts, célébré les mariages, bercé les
enfants, façonné les ohabolana , ces proverbes sur
l'esclavage.
Dominique Dussidour.
La littérature ne s'intéresse pas d'abord
à des ethnies, des peuples ou des religions,
mais à des êtres humains dont les
titres et avoirs ne peuvent rien contre
l'énigme quotidienne de la vie et de la
mort, elle voit surtout des êtres obligés de
s'accommoder de leur statut d'exilés sur
terre, condamnés à transiger avec l'inconnu,
et qui cherchent auprès des autres humains
un peu de réconfort.
Yvon Rivard.