Penser les arts et la politique

Tout au long de son oeuvre, Mallarmé a pensé cinq
choses distinctes mais intimement liées : la poésie
d'abord (à partir d'une réflexion approfondie sur le
langage) ; la musique (dont il compara l'essence à
celle des Lettres dans un essai célèbre, tout en étant
un assidu des concerts et des opéras, comme il ressort
de ses réflexions sur Wagner) ; le théâtre (il consacra
aussi bien à l' Hamlet de Shakespeare qu'aux représentations
et aux acteurs de la scène parisienne de nombreuses
réflexions) ; la peinture (il fut l'admirateur et
l'ami d'Édouard Manet dont il commenta en laudateur
les expositions) ; la politique enfin (sur laquelle
débouche, à propos de chaque art mentionné, une
part de ses réflexions, non négligeable, mais trop souvent
négligée par ses lecteurs).
Les textes de Mallarmé dans ces cinq registres, ici rassemblés,
aident à mieux entendre et apprécier sa poétique,
mais ils valent aussi pour eux-mêmes, d'autant
plus que certains sont peu connus ou ne furent pas
publiés de son vivant. Il en est proposé une sélection
précédée d'une introduction.