Mô l'attitude

S...G..., dit Gaillard d'avant , est un impatient dont nous suivons
l'évolution avec toute la tension due à son état poétique
obsessionnel. Son dossier, fruit d'une auto-observation d'une
année nous a été transmis à fin de couverture, la quatrième
semble-t-il ?
Lire ou délire sont les caractéristiques qui surgissent d'un premier
examen attentif. Le choix bissextile laisse immédiatement
penser à un dédoublement ambivalent masculin/féminin qu'un
approfondissement du contenu de ses écrits - réalisés sous Séream,
notons-le pour la suite - confirme et précise. En effet, le
sujet, pendant le laps de temps continu, sans trou, quasi expert
emmental de l'observation, a concentré exclusivement ses capacités
intellectuelles sur l'objet dont la conformation naturelle
en mamelon est attestée, tant par la géographie que l'amour
que lui portent les indigènes depuis des temps immémoriaux.
L'état compulsif du patient a fait le reste, et l'on observe une fusion
entre sa trouble personnalité et l'objet, conduisant, mutatis
mutandis, à la confusion bisexuelle intuitivement décelée. Il
s'ensuit, à partir de ce point de vue, au fil de l'Arve, de larve en
chrysalide peut-on supposer, d'une sorte de diarrhée vers Genève
sous forme d'écrits poétiques (la diarrhée vers Bâle ne
convient pas à l'écrit, comme nul ne l'ignore depuis le serment
du Grütli en 1307, attestant que Les quatre cantons sont à la
Suisse ce que les Quatre quarts sont aux Biscuits de Savoie : c'est
avec la tradition qu'on fait des rations).
Une recherche plus approfondie fait penser que, probablement,
des antécédents familiaux, voire ataviques, sont explicatifs de
la dérive observée. En effet, la pandémie dite Molle du lac , omniprésente,
a pour corollaire d'altitude le Môle , qu'une aile
manquante (on retrouve là l'ambiguïté que Lacan lui-même
souligna lors du célèbre séminaire À l'aise à l'Ayze ) conduit à
porter le chapeau de l'immobilité sous la forme conique amplement,
obsessionnellement, décrite par le sujet.
Alors demandera-t-on, le sujet est-il un danger pour lui-même ?
Pour les autres ?
Quoiqu'un certain penchant pour l'alcool pourrait laisser craindre
une dérive vers l'état clinique nommé Môlat au marc , l'attachement
viscéral du sujet à ses racines élimine ipso facto tout
risque majeur ( Terroirisme, aliénation - Lacan ibid).
En conclusion, nous pensons que le sujet mérite une cure adaptée
et roborative : être lu, relu, élu, de la première à la dernière
ligne, par tout temps, en tous lieux, la poésie étant sans doute
la seule arme de construction massive connue à ce jour.
Nous, Jacques Maugein, Docteur es Qualamythique,
Laboratoire Universel de Pata-épistéMôlogie.
(étude critique de la science du Môle
Dictionnaire savoyard étyMôlogique.)