Le nom du père : théâtre

Salut Salut les keums Salut les meufs
Ce soir vous allez pas être à la teuf
Parce que ce soir on vous fait du théâtre
Pas de hip-hop ni de zicmu saumâtre
Si vous aimez seul'ment vous fendre la poire
Allez voir du côté des pitres de foire
Si vous êtes amateurs d'alexandrins
Ici c'est plutôt le style malandrin
Si vous êtes accros aux larmes ou au sexe
Circulez y a rien à voir Pa'd'kleenex
Si vous êtes venus pour vous prendre la tête
Ici pas d'intellos qui se la pètent
Si pour vous le théâtre c'est du nombril
Ou bien de la psychologie facile
Vous allez au devant d'une déception
Parce qu'ici il n'y a pas d'introspection
Il est question des affres de la mémoire
Il s'agit de vies en butte à l'Histoire
Où sa quête mènera-t-elle ce fils de harki au passé et
au présent barrés ? Que trouvera-t-il au bout du chemin
et que choisira-t-il ?
Troisième moment d'une aventure artistique inaugurée
par Lettres à Jeanne et prolongée par Dans les ténèbres
gîtent les aigles, Le nom du père sonde un autre de
ces lieux où la mémoire des vaincus de l'Histoire,
entravée et bâillonnée, n'en finit pas de se débattre.
Et s'il arrive que les bâillons sautent et que les bouches
s'ouvrent, la parole libérée n'est alors jamais
aussi près de se tromper d'avenir : happés par la
fabrique du malheur au présent, les porteurs de cette
mémoire sont mûrs pour une répétition compulsive
du passé. A moins que ne se dévoile à eux la vérité
profonde de leur demande et qu'ils soient enfin
capables de la nommer, l'amour.