Femmes de prêtres

Depuis quelque temps sous les feux de l'actualité, la règle
du célibat obligatoire des prêtres, observée uniquement
dans l'Église catholique romaine, éclate dans tout son
archaïsme. Ne relevant pas du dogme, cette règle de
discipline interne fut longtemps appliquée avec souplesse.
Se distinguant de l'obligation de chasteté, réservée aux
membres de certaines congrégations, elle ne s'imposa
véritablement qu'au XIX<sup>e</sup> siècle. Un temps évoqué dans
les années 1960, un possible assouplissement du célibat
obligatoire est aujourd'hui redevenu tabou dans les instances
officielles de l'Église. Refusant toute remise en cause,
elle entérine dans ses rangs le règne de l'hypocrisie et
du mépris des femmes.
Contraints à la clandestinité, combien de prêtres mènent
une double vie ? En l'absence de toute statistique, il est
impossible de répondre à la question. Cependant, selon
les associations de compagnes de prêtres, le phénomène
n'est pas marginal.
Dans tous les cas, la relation est dominée par la culpabilité
de l'homme face à une situation en contradiction avec son
statut de prêtre. Dans leur majorité, les femmes connaissent
une profonde souffrance et ne disposent d'aucun moyen
pour modifier une situation dont elles sont les principales
victimes.
C'est le drame de ces compagnes clandestines de prêtres
que Michel Taubmann rend public par son livre, fondé sur
des témoignages de compagnes, d'enfants de prêtres et
de prêtres eux-mêmes. Contre la loi du silence, il souhaite
l'ouverture d'un dialogue avec une Église dont il considère
le message évangélique plus que jamais utile à notre
société mais dont il redoute un certain dogmatisme,
qui contribue à la marginaliser.