Socialisations et violences : violences de l'école, violences à l'école

Socialisation et violences
Violences de l'école, violences à l'école
Une des manières de prendre au sérieux la violence est de l'inscrire dans les divers processus de socialisation et renoncer à une approche normative. Cette perspective épistémologique, en sauvant le concept de la malédiction épistémique qu'il tiendrait de la malédiction sociale du phénomène, est productrice d'intelligibilités pertinentes. On découvrirait alors que les rapports de la société avec la violence sont ambigus : la violence est organisatrice de la société tout comme celle-ci est organisatrice de la violence. Tout fait de violence qui échappe à cette double organisation, comme les comportements des apprenants, est négativement perçu comme entrave à la socialisation. On comprend alors que la construction des systèmes disciplinaires soit un mode à la fois d'imposition de docilités spécifiquement exigibles et de prévention de la violence hors contrôle.
La violence des apprenants, dans ses différentes modalités [indiscipline, violence délinquante, violence militante], est un mode d'organisation pratique et pratiquement immature de leur rapport critique à la société. Elle est constituée d'actes signifiants ou/et fonctionnels pour leurs auteurs comme matériaux de construction représentative de l'identité/altérité dans la quête de reconnaissance. Et en révélant qu'au Sénégal chaque groupe social est spécifiquement porteur d'une violence à l'école, les données légitiment la déconstruction [de l'universalité] de la relation quasi bijective qu'un déterminisme nécessitant a hâtivement établi entre les classes populaires et la violence comme faits d'apprenants habitant les quartiers et banlieues pauvres.