Le peuple des couvents : religieuses et laïques du diocèse de Poitiers sous l'Ancien Régime

Le peuple des couvents
Poitou, XVII<sup>e</sup>-XVIII<sup>e</sup> siècles
L'Église catholique tente, à la fin du XVI<sup>e</sup> siècle, de reconquérir les âmes, les coeurs et les territoires qu'elle vient de perdre. Déchirée par l'affirmation du protestantisme, affaiblie par l'image déplorable de son clergé, elle n'a su ni voulu empêcher le déchaînement des violences extrêmes des guerres de Religion. À partir de l'époque de Richelieu, l'heure est au renouveau : c'est la « Contre-Réforme ». Les femmes vont prendre pleinement leur part à ce mouvement. En quelques décennies, de multiples ordres nouveaux apparaissent : la Visitation, les Ursulines, les Filles de la Charité ou de Notre-Dame vont « coloniser » les villes de la France d'Ancien Régime. Dans le Poitou, au début du XVIII<sup>e</sup> siècle, ce sont 70 communautés et plus de 1 500 religieuses qui s'adonnent à l'éducation des jeunes filles, la conversion des protestantes, le « redressement » des femmes de mauvaise vie, les soins aux malades, la surveillance de prisonnières, l'accueil d'insensées... Les religieuses prennent alors une place centrale dans le fonctionnement social de la France.