Montevideo, 1888-1889 : Stéphane Fleury, un diplomate face au Pampero

A la fin du XIXème siècle, l'époque des explorateurs est révolue, mais les
Européens avaient encore beaucoup de choses à apprendre sur le Nouveau
Monde. En dehors des savants, qui travaillèrent sans relâche à cette tâche,
mettant à profit leur expérience et leurs méthodes scientifiques, bien d'autres
personnes contribuèrent, dans la limite de leurs possibilités, à accroître les
connaissances de l'Occident. Ce fut le cas de Stéphane Fleury, qui, pendant
un séjour d'à peine plus d'un an, a noté scrupuleusement tout ce qu'il voyait
et tout ce qu'il apprenait sur le bassin du Rio de La Plata, principalement sur
l'Uruguay, où il était secrétaire d'ambassade. Ses notes, qui n'avaient jamais
été publiées, ont été exploitées par son petit-neveu Jean Hubert-Brierre qui
les a complétées par une vue d'ensemble sur le genre de vie des diplomates
français en poste.
Stéphane Fleury s'est attaché à évoquer les traditions locales, civiles ou
religieuses (fêtes, réceptions, repas, habitat, etc.), à faire les portraits des
hommes politiques et des personnalités qu'il a fréquentés et nous confie les
émotions qu'il a ressenties au contact de gens qui n'étaient pas toujours bien
disposés à son égard.
Il parle longuement du climat des vastes plaines de l'Uruguay, des grands
vents, des tempêtes et des pluies diluviennes, qu'il supportait mal.
Tout ce qu'il raconte et le complément apporté par son petit-neveu nous
font regretter l'Amérique du Sud du XIXème siècle, continent où la France,
par sa vaste culture et par le nombre et la qualité de ses ressortissants, tenait
une place exceptionnelle, qui est malheureusement en régression continue.