Lectures de Fronton : un rhéteur latin à l'époque de la seconde sophistique

Rares sont les études qui s'attachent à lire la correspondance de
Fronton pour elle-même : quand on ne s'ingénie pas à reconstituer
le texte, on recherche chez le professeur de rhétorique du II<sup>e</sup> siècle
des renseignements pouvant éclairer notre connaissance de son
époque. Or, la correspondance, parce qu'elle permet d'entrer dans
l'intimité d'un orateur, est un moyen privilégié de connaître la
réflexion sur la parole et l'acte d'écrire de l'une des figures marquantes
de la littérature du II<sup>e</sup> siècle. Il a dès lors paru pertinent
d'analyser la correspondance du point de vue de la construction
littéraire : l'écriture de Fronton se place en continuité avec une
tradition, d'abord épistolaire, ensuite générique. En effet, les lettres
frontoniennes ne relèvent pas uniquement du cadre épistolaire :
elles font écho aux discours réels, frôlent l'histoire, se transforment
en éloges paradoxaux, s'inscrivent parfois dans une forme plus
précise, comme celle de l' éroticos. D'où notre volonté d'analyser
les textes au plus près de la pensée de l'auteur. Indiscrétion littéraire,
cette étude propose cinq explorations du cabinet d'écriture
d'un rhéteur latin à l'époque de la Seconde Sophistique.