Villeggiatura : polichinelleries à partir de cent quatre dessins de Giandomenico Tiepolo

Ils ont été chassés, ils sont là, mystérieux,
comiques, campant entre deux
voyages. Ils font de petits travaux plus
ou moins absurdes, ils se querellent,
vont et viennent, chantent, attendent.
De leur passé ils ne se souviennent pas
bien, de leur présent ils ne sont pas
maîtres. Leur avenir, ils ne l'aperçoivent
qu'à travers les préparatifs d'une fête
improbable. Mots, objets, situations,
tout est pour eux incertain, fragile,
amusant. Ce qu'ils expérimentent ainsi
sans le savoir, ces modernes polichinelles,
c'est le théâtre. Au centre de
leurs actions et de leurs récits, dans une
improvisation permanente, c'est la
comédie qui revient, c'est leur propre
savoir perdu qui les émerveille et les
surprend, s'incarnant dans le lieu même
où ils s'égarent puis se trouvent.
J.-C. Bailly.