Du bon usage de la laïcité

Depuis quelques années, une certaine forme de radicalité
laïciste, qui se baptise elle-même «laïcité de combat», développe
un prosélytisme antireligieux qui vise essentiellement l'islam,
et, très accessoirement, les autres religions.
Ce risque de voir la laïcité instrumentalisée par des logiques
va-t-en-guerre nous impose de réfléchir de façon critique sur
les «usages» et les conséquences d'une laïcité trop pure pour
être honnête.
Les textes ici réunis défendent, chacun à leur manière, une
autre façon de concevoir la laïcité : positive et démocratique,
sans concession ni fadeur. La laïcité garantit la neutralité
de la puissance publique à l'égard des choix philosophiques
ou religieux de chacun. Elle organise, dans le respect des lois
communes, la cohabitation pacifique des conceptions. Elle
n'est pas l'organisation du combat contre les religions ni
le prosélytisme en faveur de l'athéisme. Elle ne peut servir de
prétexte pour justifier la discrimination à l'égard de quelque
citoyen(ne) que ce soit. La laïcité, sur le principe, doit être
intransigeante. Mais elle ne peut se faire croisade sans
risquer de se contredire elle-même...