Les cahiers d'Adrianne

Antonin Giraudet, journaliste et révolutionnaire convaincu,
emprisonné sous la Terreur, apprend à la mort de son père qu'il
n'est qu'un enfant adopté. Ses véritables origines le déçoivent et
l'intriguent.
La lecture des Cahiers , rédigés par sa mère naturelle, lui apportera
quelques réponses mais une partie de ces écrits reste à
découvrir et ce manque lui cache le nom de son père.
C'est à une quête d'identité que nous convie l'auteur, en même
temps qu'à une enquête sur tout le milieu libertin, aux glorieux
temps de la douceur de vivre de la noblesse de Louis XV et
Louis XVI. Le récit nous entraîne entre les tourments révolutionnaires
et les salons érudits au coeur des mystères de la Cour
en ces heures fastueuses mais fragiles.
"Le Chevalier de Lustères est entré et m'a baisé la main
avec empressement. «Madame du Ronzeray, vous êtes très
en beauté ce soir. J'espère que les étoiles qui vont briller dans
votre salon augmenteront encore l'éclat d'une beauté déjà
si translucide. Vous nous aidez à voir au-dedans de nous
Madame, et nous ne craignons pas d'être pénétrés par vos
regards, de paraître devant vous dans l'entière nudité de nos
sentiments, puisque vous contribuez à les agrémenter. Soyez
remerciée de tenir le plus beau salon de Paris, et le plus élevé
par l'esprit comme par le coeur.» Il en faisait trop ce bon
chevalier, mais il était si charmant et si soumis aux règles de
la prévenance qu'on ne pouvait même envisager d'attiédir ses
compliments, ni de mettre en doute ses jugements, sous peine
de détruire son bel équilibre à l'élégance si fragile. C'était un
homme avenant, fort bien mis de sa personne, juste poudré
comme il faut, qui avait l'art de dire aux femmes les louanges
qu'elles aiment entendre, et qui n'avait que rarement l'audace
ou l'incongruité de pousser plus loin ses avances."