Etrangers

À soixante-douze ans, Paul Sturgis voit la vieillesse le
rattraper inexorablement. Une grisaille générale, plus
métaphysique que physiologique, s'est imprimée sur sa vie
depuis que la banque où il a fait carrière l'a mis à une retraite
anticipée. Son appartement, jadis symbole de sa réussite
et de son émancipation, est devenu le reflet de ses échecs
personnels. Pour y échapper, Sturgis remplit ses journées
de déambulations dans Londres. À Venise, où il a fui la
solitude des fêtes de Noël, il rencontre Vicky, récemment
divorcée. Plus tard, il retrouve par hasard une femme aimée
jadis, Sarah. Leur présence à toutes deux sert de catalyseur à
la question qui, désormais, obsède Paul : décider comment,
et avec qui, passer le reste de ses jours.
Un texte subtil et ciselé, une écriture juste, pour évoquer
un sujet rarement abordé dans la littérature : que faire
lorsque, l'âge venant, le sens des mots «amour», «travail»,
«maison» change à ce point que l'on se sent véritablement
en terre étrangère ?