La politique à travers Lautréamont : l'envers d'une raison instinctuelle

Dans cet ouvrage, Sinan Evcan essaye de distinguer, à
travers Les Chants et les Poésies de Lautréamont, les excès
instinctuels des excès événementiels, la psychologie de la philosophie,
la politique du pouvoir, l'amour de la possession.
La réactivité maldororienne permet de situer «la politique»
au sens commun par rapport à une «politique de vérité» au
sens d'Alain Badiou.
Une politique de vérité contre une politique du pouvoir.
Ainsi, il faudrait une articulation des procédures de vérité
d'Alain Badiou à sa version maldororienne. D'une part, l'art, la
science, l'amour et la politique que Badiou définit comme
quatre procédures de vérité. D'autre part, le talent, le génie, la
beauté et le pouvoir qui, selon Lautréamont, sont les «délices
de la cruauté». S'il existe une transitivité entre ces deux séries,
le talent s'attachera sûrement à l'art, le génie à la science, la
beauté à l'amour et le pouvoir à la politique. La question est de
savoir comment devenir un artiste sans talent, un scientifique
sans génie, un amoureux sans beauté et un militant sans pouvoir.
Est-ce que la nature fournit à chaque être au moins un de
ces attributs ? Ou bien ces attributs sont-ils déjà ces
«(in)existants» qui attendent d'être relevés par une procédure
de vérité ? La politique à travers Lautréamont essaye de resituer
le concept de «la politique» entre cette nature et ces
«(in)existants».