Apocalypse à Saint-Pierre : la tragédie de la montagne Pelée

En ce jeudi de l'Ascension de l'année 1902, Saint-Pierre,
en Martinique, s'éveille dans le contre-jour
d'un soleil enfin retrouvé. Toute la nuit, la pluie a lavé
les rues et les maisons des cendres projetées depuis cinq
jours par la montagne Pelée, qui domine la ville. Elles
ont été emmenées par l'eau jusqu'à la mer, dans cette
baie profonde où, depuis presque trois siècles, les plus
gros navires du monde viennent charger et décharger.
Le pavé luit à nouveau, les toitures rougeoient. Bien que
le volcan soit très actif depuis près d'une semaine, les
30 000 habitants n'ont pas déserté la cité et s'apprêtent à
se rendre en masse dans les églises. Soudain, à huit heures
deux, le sol tremble un peu. La Montagne résonne de
secousses intérieures. Son cratère gémit.
À partir des témoignages de l'époque et des analyses
qui ont suivi, Frédéric Denhez reconstitue le récit
haletant d'une des plus terribles catastrophes naturelles
du XX<sup>e</sup> siècle - qui donnera naissance à la volcanologie
moderne.