Affaire Dreyfus : conspiration dans la République

Il y a cent ans, le Capitaine Alfred Dreyfus était
réhabilité après avoir été condamné à la dégradation
militaire et à la déportation à vie à l'île du Diable.
L'affaire Dreyfus c'est d'abord la victoire du
mensonge sur la vérité, puis la revanche de la justice
sur la conspiration militaire, par l'arrêt historique de
la Cour de Cassation proclamant l'innocence de
Dreyfus le 12 juillet 1906.
L'auteur démontre que Dreyfus n'a pas été
victime d'une erreur, mais d'un crime judiciaire
orchestré par l'état-major de l'Armée au nom de la
raison d'Etat et finalisé par les tribunaux de la
République dans l'ambiance d'une opinion publique chauffée par l'antisémitisme.
L'auteur retrace à travers les procès de Dreyfus, d'Esterhazy, de Zola, les
passions qui ont déchiré la France entre dreyfusards et anti-dreyfusards.
La France connaît ainsi la première crise d'identité morale de son histoire et
signe l'avènement des intellectuels dans la société civile, dont le courage d'une
poignée a permis de sauver l'honneur de la France ; Bernard Lazare, Emile Zola,
Charles Péguy, Lucien Herr, Georges Clemenceau, Anatole France... Seuls contre
l'opinion et les institutions alimentées par l'exaltation nationale xénophobe de
Maurice Barrès, Paul Déroulède, Léon Daudet ou d'Edouard Drumont.
L'auteur met en lumière la démission des politiques dès le début de l'affaire et
leur incapacité à combattre l'injustice par la peur d'apparaître défenseurs d'un juif et
donc anti-patriotes.
L'auteur met en perspective les débats sur l'antisémitisme et donne les clés pour
comprendre comment la République peut fabriquer des coupables judiciaires sur
fond de crispation identitaire.
L'affaire Dreyfus nous interroge sur la France d'aujourd'hui.
Comment, en effet, les citoyens succombent aux discours d'intolérance, et
pourquoi la République a-t-elle des difficultés à endiguer la xénophobie qu'elle
sécrète ?
L'affaire Dreyfus nous interroge sur les raisons d'une permanence dangereuse
des discours de la peur de l'autre et du repli identitaire, et met en demeure la
République d'aujourd'hui de réaffirmer d'urgence ses idéaux.