Simples récits près de la rivière Charentonne à Broglie

J'ai grandi dans le village de Broglie, près de la rivière Charentonne.
Elle est la rivière de mon enfance. Il est mon
Pays bleu. Laissez-moi vous y emmener. Peut-être
reconnaîtrez-vous le vôtre ?
Nous en avons tous un.
Le vert paradis de l'enfance.
Une enfance partagée
entre ses deux grands-mères,
à Broglie ou au
Planquay, dans ce pays
de verdure et d'eau qu'est
l'Eure. L'école de Broglie des
années 1940 n'est pas très
éloignée de celle de monsieur Seurel
et de Millie à Ste-Agathe et, tout
au long de ces pages, plane en filigrane
l'ombre d'Augustin Meaulnes, ce compagnon de nos adolescences.
Souvenirs nimbés d'un bonheur nostalgique. Nostalgie légère,
positive, comme si le vent des décennies n'avait rien emporté et tout
laissé sur place. Les anecdotes s'égrènent, au fil des jours, avec tendresse.
On pense parfois à Pagnol dans le récit de ces années révolues vues avec
un regard d'enfant. Rien ne manque au décor : ni le garde champêtre et
ses «Avisss à la population !», ni le lavoir où officie la grand-mère, ni
le goûter dans une mallette d'osier, ni le «canard» humecté d'une goutte
de Calvados à la fin du repas, ni l'arrivée d'un cirque au village, ni les
émois pour l'autre sexe... Ce bonheur de l'enfance se prolongera naturellement
par une adolescence au diapason... Au fait, saviez-vous que
Broglie le village, se prononce comme il s'écrit ? La prononciation
«Breuil» est réservée à l'illustre famille.