Le rideau de fer : 1945-1955

Avant même la fin du Second conflit
mondial, les membres de la
Grande alliance, URSS, États-Unis et
Royaume-Uni, retrouvent leurs oppositions
traditionnelles et un partage du
monde se dessine, qui va perdurer
durant plus de vingt ans.
Lors des grandes conférences internationales,
rien n'est véritablement fixé
quant à cette division de la planète qui
va, en fait, être le résultat d'un rapport
de forces permanent. Entre 1946, date
à laquelle, lors d'un discours à Fulton
aux États-Unis, Winston Churchill
déclare qu'«un rideau de fer s'est
abattu sur le monde», et 1956 où s'affirme,
en Union soviétique, le pouvoir de
Nikita Khrouchtchev après la mort de
Staline et l'élimination de ses principaux
partisans, les frontières du double
leadership se dessinent. La période est
marquée par des guerres bien réelles
comme en Corée, des bras de fer
comme le blocus de la capitale allemande
divisée, le coup de Prague en
1948, des révoltes comme à Berlin en
1953. Et bien d'autres tensions encore.
La confrontation est générale et la
«pactomanie» du président américain
Truman tente d'isoler une URSS victime à
nouveau du syndrome de la citadelle
assiégée. Cette attitude est fondée sur
l'inégalité des deux systèmes de domination
: d'une part, les chars et la coercition
; de l'autre, la reconstruction et le
dollar. Malgré la disparition de Staline
et la fin du maccarthysme, l'heure de la
détente n'est pas encore venue.