Histoire de Lescure : ancien fief immédiat du Saint-Siège et de ses seigneurs

Votre histoire de Lescure et de ses seigneurs est un travail
sérieux ; les éloges de la Société archéologique du Midi de la
France et la récompense qu'elle vous a décernée sont des actes de
justice. Que de recherches difficiles et obstinées, quelle profonde
et large érudition, quel labeur considérable votre livre suppose !
Que d'importantes découvertes il contient !
Votre chère paroisse doit en être fière ; tout l'Albigeois vous
sera reconnaissant.
Je ne saurais assez vous remercier, pour ma part, d'avoir mis
au front du diocèse une auréole de gloire, en faisant revivre les
témoins de sa vieille foi, en célébrant ses anciennes illustrations
chrétiennes et en montrant quelle affection particulière eurent
pour lui les Papes et les Rois.
Votre remarquable travail est aussi un bel exemple. Il répond
noblement à un ardent désir que je manifestai au clergé, dès mon
entrée dans le diocèse. Dans un pays célèbre comme le nôtre,
l'histoire de chaque paroisse écrite par son curé serait pleine d'intérêt.
Vous montrez que si elle n'est pas toujours facile, l'amour
de l'étude peut triompher de tous les obstacles : Labor improbus
omnia vincit. Les éléments existent, on les découvrirait en les cherchant.
Que dans chaque localité surgisse un prêtre intelligent,
travailleur, passez-moi le mot, piocheur, et nous aurons bientôt une
Albia Chistiania savante et complète.
Le grand Pape Léon XIII, comprenant l'importance des études
historiques, au point de vue de l'apologie chrétienne, vient d'ouvrir
la bibliothèque du Vatican à de hautes intelligences. Faire
connaitre le passé de l'Église suffirait en vérité pour lui obtenir
l'admiration sympathique des âmes honnêtes. Étudions, nous, nos
archives locales, interrogeons les monuments de la foi de nos
aïeux, faisons revivre nos traditions trop oubliées, ce serait un bon
moyen de faire connaître, et, partant, de faire aimer le véritable
esprit et le noble coeur de la sainte Église.
Aussi bien votre Histoire de Lescure et de ses seigneurs est
un service rendu à nos doctrines. Elle démontre qu'à toutes les
époques et dans tous les lieux, la religion a été une source féconde
et intarissable de charité : Pertransiit benefaciendo. Non, le christianisme
n'est pas l'ennemi.
Alby, le 8 mai 1884.