Le conflit du Haut-Karabakh, une paix juste ou une guerre inévitable : une approche historique, géopolitique et juridique

Cet ouvrage se fixe pour objectif d'analyser le conflit du
Haut-Karabakh du point de vue historique, géopolitique et
juridique. Le conflit du Haut-Karabakh a des racines profondes
et s'est embrasé à plusieurs reprises au cours du XX<sup>e</sup> siècle.
Beaucoup considérent qu'il s'agit d'un conflit «gelé» alors
que celui-ci, tout comme le récent conflit armé en Ossétie du
Sud, peut se rallumer d'un moment à l'autre, et déstabiliser
toute la région étant donné son caractère interétatique.
L'implication des acteurs extérieurs et l'éventualité de la
perturbation du couloir énergétique Est-Ouest dont le pilier
essentiel est l'Azerbaïdjan montrent à quel point une reprise
des hostilités serait dangereuse. L'OSCE s'est engagée depuis
la chute de l'URSS dans le processus de paix en instituant le
Groupe de Minsk, chargé de trouver une solution pacifique à ce
conflit. Depuis près de deux décennies, ses efforts n'ont pas
abouti, ce qui soulève un grand nombre d'interrogations sur sa
capacité à conduire les belligérants vers une «paix de
satisfaction». C'est en effet la seule solution acceptable
pour éviter une nouvelle guerre. Mais les intérêts des grandes
puissances et des États voisins, tels que la Russie, les États-Unis,
la Turquie et l'Iran, liés à la position géostratégique
du Caucase et aux ressources naturelles du sous-sol de la mer
Caspienne ne sont pas de nature à favoriser le règlement du
conflit par des efforts communs. Au contraire, le processus de
paix durant la période conflictuelle s'était caractérisé par
la rivalité et la compétition entre la Russie et le Groupe de
Minsk. L'Azerbaïdjan et l'Arménie se déclarent favorables à
une solution pacifique, mais les négociations piétinent et
l'ombre de la guerre plane sur la région. Devant les faiblesses
des mécanismes institutionnels internationaux, l'on compte sur
la sagesse et la responsabilité des dirigeants des deux
parties pour se mettre finalement d'accord sur une paix
permettant à l'Arménie et l'Azerbaïdjan de continuer de vivre
en harmonie et en bon voisinage.