L'ami encombrant

Il est l'homme de l'ombre par excellence, l'intermédiaire influent.
Depuis près de vingt ans, il a piloté les négociations pour de
faramineux contrats entre la France et l'Arabie saoudite, est
intervenu en Libye - on lui doit la libération des infirmières
bulgares - et en Syrie. Désormais, il est devenu l'Infréquentable.
Le Sulfureux. De quel délit accuse-t-on cet homme d'affaires ? Il aurait
servi de go between pour le paiement de rétrocommissions au profit de
la campagne d'Édouard Balladur, rival de Jacques Chirac lors de l'élection
présidentielle de 1995.
Ziad Takieddine livre enfin sa part de vérité dans un ouvrage digne des
plus grands thrillers financiers, dont les personnages clefs s'appellent
François Léotard, Claude Guéant, Dominique de Villepin, Jacques
Chirac, Muammar Kadhafi, Bachar El Assad... Dommage collatéral de
la bataille sans merci que se livrent balladuriens et chiraquiens depuis
1993, l'auteur révèle les dessous de transactions, au service d'enjeux
militaires et industriels, qui pèsent des milliards d'euros. Il prend le
risque de dévoiler un système de corruption très français, où copains et
coquins mènent la danse.
«L'ami encombrant» se rebiffe. Il ne sera pas le bouc émissaire
d'une guerre qui n'est pas la sienne.