Histoire de France. Vol. 1. La Gaule, les invasions, Charlemagne

«C'est dans son palais d'Aix qu'il fallait voir
Charlemagne. Ce restaurateur de l'Empire d'Occident
avait dépouillé Ravenne de ses marbres les plus
précieux pour orner sa Rome barbare. Actif dans son
repos même, il y étudiait, sous Pierre de Pise, sous le
Saxon Alcuin, la grammaire, la rhétorique, l'astronomie
; il apprenait à écrire, chose fort rare alors. Il se
piquait de bien chanter au lutrin, et remarquait impitoyablement
les clercs qui s'acquittaient mal de cet
office. [...] Haute taille, tête ronde, gros col, nez long,
ventre un peu fort, petite voix, tel est le portrait de
Charles dans l'historien contemporain. Au contraire,
sa femme Hildegarde avait une voix forte ; Fastrade
qu'il épousa ensuite exerçait sur lui une domination
virile. Il eut pourtant bien des maîtresses, et fut marié
cinq fois ; mais à la mort de sa cinquième femme,
il ne se remaria plus, et se choisit quatre concubines
dont il se contenta désormais.»