Tous Coupat, tous coupables : le moralisme antiviolence

Le 11 novembre 2008, des policiers encagoulés accompagnés
de caméras de télévision investissaient une ferme de
Tarnac (Corrèze) et plaçaient en détention huit militants
dits «anarcho-autonomes». Julien Coupat, que les services
du ministère de l'Intérieur considéraient comme le «chef»
de ce groupe «à vocation terroriste» et l'auteur présumé
d'un livre, L'Insurrection qui vient , devenu depuis un important
succès de librairie, sera le dernier d'entre eux à être
libéré, en mai 2009, après six mois passés en prison et sans
qu'aucun élément tangible ne soit venu étayer sa culpabilité.
Alain Brossat propose ici son analyse «à chaud» des
différentes réactions alors suscitées, dans la presse et dans
les milieux intellectuels, par ce fait divers singulier. Il suggère
que, plutôt que d'en appeler à l'innocence des «jeunes
de Tarnac», l'on se rende par principe coupable avec eux
d'un refus d'obéissance à l'ordre politique des prétendues
démocraties de marché.